Le Pouce

César BALDACCINI, dit CÉSAR, 1990

À propos

Tel un obélisque, cet agrandissement monumental du moulage du pouce de César se dresse à 12 mètres de haut. C’est le plus grand des Pouces du sculpteur depuis le premier réalisé en 1965 qui ne mesurait que 40 centimètres. Désigné comme Nouveau Réaliste en 1960, César est connu pour son travail sur les objets courants de la société de consommation, qu’il assemble, compresse, agrandit, dans un esprit proche du Pop Art américain.

 

Commandé pour La Défense en 1990, Le Pouce participe à la volonté de l’aménageur, depuis la fin des années 70, d’enrichir la collection d’œuvres d’art présentes dans l’espace public du quartier de créations d’artistes de renommée internationale, afin de valoriser l’image de La Défense au travers de l’art contemporain. Dans le cadre de cette politique d’acquisition, le choix de César aux côtés d’artistes tels que Caro avec After Olympia ou Serra avec Slat s’explique par la volonté de retenir dans la sélection d’artistes présents un Français mondialement connu.

 

Par « narcissisme » et par, disait-il, « la commodité offerte par la disponibilité immédiate du modèle », César a commencé à agrandir son pouce à l’occasion d’une exposition intitulée « La Main, de Rodin à Picasso », pour laquelle la découverte du pantographe lui a permis la réalisation d’un premier agrandissement. Quand Le Pouce lui est commandé, César, qui rêvait de voir son pouce agrandi à la taille de la Tour Eiffel, vient d’en réaliser un agrandissement de 6 mètres pour les Jeux olympiques de Séoul de 1988. Mais, par souci d’exclusivité pour La Défense, il s’engage à ne plus en produire de si monumentaux.

 

L’œuvre a été réalisée à partir d’un premier moulage en plâtre du pouce de l’artiste. Agrandi à plus de 3 mètres par le reproducteur statuaire Haligon, ce modèle a servi de base à l’agrandissement final en polyester. Le tirage en bronze doré, composé de plusieurs pièces assemblées, a ensuite été acheminé en deux morceaux par camion depuis l’usine de fonderie en Normandie pour être érigé à son emplacement définitif place Carpeaux. Au préalable, la structure de la dalle avait dû être renforcée pour recevoir les 18 tonnes de l’œuvre. Il a été un temps question d’installer cette œuvre en intérieur, dans la nef des Collines de La Défense voisines, mais cette option longtemps étudiée n’a finalement pas été retenue.

 

Aujourd’hui, sa matière, patinée par le temps, contraste avec la rigueur des architectures environnantes.

 

Cette œuvre est visible dans le Parcours Les incontournables

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Montage

La vie de l'artiste

L'artiste

Né à Marseille dans une famille d’origine italienne, César Baldaccini (qu’on appellera communément par son prénom) a commencé dès sa plus tendre enfance à sculpter en utilisant des bouts de ferrailles récupérés. Après des études à l’École des Beaux-Arts de Marseille puis de Paris (où il deviendra professeur), il réalise ses premières soudures mais se fait connaître particulièrement avec ses compressions d’une grande expressivité, non dénuée d’humour.
Il créera jusqu’à sa mort, en 1998, en poursuivant une oeuvre déconcertante et protéiforme, se qualifiant lui-même, avec une certaine ironie, d’artiste radical.

Vidéo

Le saviez-vous ? Pour acheminer Le Pouce depuis son atelier d'assemblage de Grainville (Seine Maritime) jusqu'à La Défense, il aura fallu 2 jours au convoi exceptionnel

Anecdote

Le choix du doigt

À l’origine, César avait proposé d’utiliser son majeur comme support de reproduction. Plus grand, plus visible, l’artiste à toutefois préféré le choix de son pouce pour être pris au sérieux de sa démarche. Quand on s’appelle César et qu’on utilise le doigt de la victoire, on met toutes les chances de son côté !

Anecdote

Une invitation inaugurale très originale

L’invitation papier prévoyait une zone de découpe pour introduire son pouce. Ainsi, il était possible d’admirer en avant-première son pouce à l’emplacement de celui de l’artiste, sur fond de photo de La Défense. Il mesurait alors à l’échelle 12 mètres !
À vous de jouer : enregistrez l’image, imprimez-la et placez votre pouce.

Anecdote

Le saviez-vous ?

Pour vérifier l’oxydation de la sculpture et la résistance de l’installation aux 18 tonnes de bronze, une trappe est installée au niveau du socle. Malgré la taille du Pouce, il est préférable de ne pas être claustrophobe pour y entrer !

Extrait audio

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